J'ai déconné, c'est la raison pour laquelle je s'en suis ici maintenant. Après avoir été impliquée dans de multiples trafic de drogues et de prostitution, j'ai atterris dans un pénitencier pour femmes. Chaque matin je rencontre une psychiatre qui est sois disant là pour m'aider. Elle cherche à comprendre ce qui m'a poussé à l'acte, à faire ce que j'ai fais, à comprendre pourquoi j'ai buter cet enfoiré, à comprendre pourquoi il y a tant de haine en moi. Les séances ne mènent à nulle part parce que je ne veux pas lui parler, je ne la connais pas et puis elle ne sait rien de moi, ni de ce qu'il s'est réellement passé ce jour là. Au fur et à mesure des jours, des semaines et des mois, j'y vient peu à peu mais comment voulez vous avoir confiance en quelqu'un quand cette personne vous prend pour une cinglée ?
Il aura fallut trois et demi pour que je puisse enfin lui raconter mon histoire, pour lui avouer pourquoi j'avais sauvagement assassiné cet ordure, trois et demi pour lui faire comprendre que depuis ce jour malgré l'enfermement et la tristesse de la prison j'allais mieux de le savoir mort. Ces séances étaient une torture pour moi, toutes ces questions qu'elle me posait été comme remuer un tas de merde que j'avais enterrer. Bien souvent les séances terminaient mal, je faisais tout pour qu'elle se casse et je n'avais que peu de chose à faire pour qu'elle le fasse. Je suis devenue quelqu'un de glauque, la haine me pourrie de l'intérieur et ça se voit jusque sur mon visage, je suis une crasseuse parce que les douches de la prison sont une horreur, la dernière fois que j'y suis allée, il y a maintenant un mois, un groupe de détenues m'ont tellement battue qu'elles m'ont brisé trois côtes et le nez. Il n'y a qu'a regarder mon visage pour prendre peur et fuir. Je ne supporte plus que l'on me parle ni même que l'on m'approche, je suis constamment sur la défensive prête à tuer si on me touche. Je me souviens qu'une des première séance a coûté une gifle à la psychiatre et quarante huit heure d'isolement pour moi, elle ne m'écoutais pas quand je lui disais d'enlever sa main de la mienne, de la pitié, je n'en veux pas, c'est pas avec sa pitié qu'elle effacera toutes ces cicatrices indélébiles que j'ai sur moi et à l'intérieur de moi.
Après trois ans et demi de travail au corps, de questions qui se répètent, je craque. C'est au moment où elle me répète pour la énième fois :
«- Que s'est-il passé ? Que vous a-t-il fait ?» que j'explose.
Je réponds avec violence et dégoût, telle une furie :
«- Ce qu'il s'est passé ?! Qu'Est-ce qu'il m'a fait ?! Etes vous stupide Docteur ?!»
Je voyais dans ses yeux un soupçon de compréhension, mais qu'encore une fois j'avais été trop vague. Avec les psychiatres il faudrait toujours illustrer ses maux.
Elle ajouta que je ne devais pas culpabilisé de ce qu'il était arrivé, qu'a aucun moment j'étais fautive de l'horreur dont il m'avait fait subir.
La culpabilité je m'en foutais et n'en avait aucunement ce que je voulais à ce moment là c'était qu'il arrête, qu'il arrête de me baiser !